Au Vietnam, les autorités ont procédé à l’arrestation de 74 personnes impliquées dans une affaire majeure de manipulation des indicateurs de pollution de l’air et des eaux usées. Cette opération, menée par la police spécialisée dans les crimes environnementaux, révèle l’ampleur d’un système frauduleux au cœur du secteur industriel.
Selon les premières informations, les suspects sont accusés d’avoir modifié les données collectées au niveau des points de rejet de plusieurs sites industriels. Ces manipulations visaient à masquer les niveaux réels de pollution, permettant ainsi à certaines entreprises de rester dans les normes officielles malgré des émissions potentiellement dangereuses.
L’enquête, menée sur plusieurs mois, met en cause non seulement des employés d’entreprises privées, mais aussi des responsables d’agences environnementales publiques. Des sociétés spécialisées dans le traitement des eaux usées et l’installation d’équipements de surveillance sont également impliquées, montrant un réseau organisé et étendu.
Les autorités indiquent que les manipulations étaient réalisées de manière sophistiquée. Des logiciels permettaient de modifier à distance les données issues d’équipements pourtant sécurisés et surveillés. Les fraudeurs intervenaient directement sur les indicateurs afin de réduire artificiellement les niveaux de pollution enregistrés.
Plus de la moitié des stations de surveillance environnementale du pays seraient concernées par ces falsifications. Parmi les secteurs impliqués figurent notamment les centrales thermiques ainsi que les industries de l’aluminium et de l’acier, connues pour leur fort impact environnemental.
Certaines installations situées dans les régions industrielles de Quang Ninh, Hai Phong et Thai Binh sont citées dans cette affaire. Ce scandale intervient dans un contexte où la pollution reste un enjeu majeur au Vietnam, avec des niveaux de particules fines dans l’air dépassant régulièrement les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé.
Cette affaire met en lumière les défis auxquels font face les autorités vietnamiennes dans la lutte contre la pollution et la corruption. Elle pourrait entraîner un renforcement des mécanismes de contrôle et des sanctions afin de restaurer la confiance dans les systèmes de surveillance environnementale.
Bellange botoko sawola