À Mambasa, Un défenseur des droits humains alerte sur la dégradation de la situation sécuritaire dans la chefferie des Babila Bakwanza, en territoire de Mambasa (Ituri), où les rebelles des ADF renforceraient progressivement leur présence et imposeraient des taxes illégales aux populations locales.
Selon Zephani Kataliko, les combattants ADF auraient installé une base principale à Bapabobo, ainsi que plusieurs positions secondaires dans les localités de Mekanya, Elake et Letacrédit. Cette implantation traduirait une entreprise de plus en plus structurée du groupe armé sur cette partie du territoire.
D’après des témoignages recueillis auprès de civils ayant fui la zone, les rebelles circuleraient désormais dans les champs agricoles, où ils s’adresseraient directement aux paysans. Ces dernières seraient contraintes de s’acquitter d’une « taxe » mensuelle estimée à 30 000 francs congolais, ainsi que d’un paiement annuel de 50 dollars américains par hectare exploité.
Les mêmes sources indiquent que les ADF auraient donné un ultimatum aux agriculteurs, exigeant le paiement de ces sommes sous peine d’interdiction d’accès aux champs à partir de la fin du mois en cours. Une mesure qui fait craindre des déplacements forcés et une aggravation de l’insécurité alimentaire dans une zone où l’agriculture constitue la principale source de subsistance.
Pour les défenseurs des droits humains, cette pratique s’apparente à une stratégie d’occupation et de contrôle économique visant à instaurer une administration parallèle. En imposant des prélèvements aux civils, le groupe armé finançait ses activités tout en consolidant son influence locale, en violation des principes du droit international humanitaire.
Face à cette situation, Zephani Kataliko appelle les autorités congolaises et les Forces armées de la RDC (FARDC) à intervenir de manière urgente afin de rétablir l’autorité de l’État dans la chefferie des Babila Bakwanza. La sécurisation des localités de Bapabobo, Mekanya, Elake et Letacrédit est jugée prioritaire pour permettre aux populations de reprendre leurs activités agricoles en toute sécurité.
La rédaction