La situation sécuritaire se dégrade dans plusieurs villages du territoire de Lubero, au Nord-Kivu, où des combattants dits Wazalendo sont de plus en plus pointés du doigt pour des exactions contre la population civile.
Selon des sources locales, un jeune homme a été tué par balle ce lundi 20 avril sur l’axe routier Lukanga–Musyenene. Les faits se sont produits à une barrière établie par ces miliciens. Une délégation en route pour un deuil aurait tenté de négocier un passage libre, mais la discussion a rapidement dégénéré, conduisant à la mort d’un jeune, criblé de balles.
Cet incident intervient dans un contexte de forte tension dans l’entité voisine de Luotu, où les activités socio-économiques restent paralysées. La population y exige le départ de ces combattants, qu’elle considère désormais comme une menace pour les civils non armés.
Quelques jours auparavant, un autre jeune avait été grièvement blessé à Luotu pour avoir refusé de participer aux travaux communautaires imposés. Touchée par balle à la tête, la victime avait été transférée vers des structures médicales à Kyondo puis à Butembo pour une prise en charge spécialisée.
Une situation similaire est également signalée dans le territoire voisin de Beni. À Vuswagha, sur l’axe Kyondo–Kyavinyonge, des conducteurs membres de l’ATAMOV/Kyondo (Association des Taxi-motos et Véhicules) ont eu une altercation avec des Wazalendo tenant une barrière. Ces derniers, en route pour des funérailles, auraient également tenté de négocier leur passage, provoquant une réaction violente des miliciens qui ont tiré plusieurs coups de feu.
Face à la multiplication de ces incidents, plusieurs voix s’élèvent au sein de la population pour demander que les Wazalendo soient redéployés aux côtés des FARDC sur les lignes de front, plutôt que de constituer, selon elles, une source supplémentaire d’insécurité pour les civils.
Correspondance locale depuis Kyondo