Kinshasa, 1er avril 2026
Le gouvernement de la République démocratique du Congo a été appelé à rétablir l’ordre dans la gestion collective des droits d’auteur, afin de mettre fin au bicéphalisme qui prévaut actuellement dans le secteur et qui pénalise les artistes.
Lors d’un entretien, l’opérateur culturel Didier Kembola a dénoncé la coexistence de deux directions au sein de la Société congolaise des droits d’auteur et droits voisins (Socoda), une situation qu’il juge préjudiciable aux créateurs. Il a exhorté les autorités compétentes, notamment le gouvernement et le ministère de tutelle, à prendre des décisions claires pour mettre un terme à cette dualité administrative.
Selon lui, ce bicéphalisme constitue une véritable crise de gouvernance, entraînant une mauvaise collecte et répartition des droits, tout en affaiblissant la crédibilité des institutions culturelles. Il a toutefois salué la décision des autorités de créer une nouvelle société de gestion des droits d’auteur, estimant qu’elle pourrait permettre de réorganiser le secteur et d’instaurer une gouvernance plus efficace.
Cependant, il regrette la lenteur dans la mise en œuvre de cette réforme, soulignant que la situation actuelle, marquée par l’existence de deux structures concurrentes, va à l’encontre des dispositions légales en vigueur.
Se référant à l’ordonnance-loi du 5 avril 1986, qui confère la gestion des droits d’auteur à un organisme unique, l’opérateur culturel s’interroge sur l’absence d’application stricte de ce principe par les autorités. Il appelle ainsi au rétablissement du monopole légal et à la mise en place effective d’un organisme crédible, transparent et conforme aux intérêts des créateurs.
Ledjumi ntaly Cornellie