Le journaliste Blaise Kapara, de la Radio Simba fm d’Ariwara, tire la sonnette d’alarme sur ce qu’il qualifie d’exode rural juvénile et de souffrance silencieuse de nombreux jeunes du territoire de Mahagi, envoyés travailler dans les carrés miniers et les champs agricoles dans la province du Haut-Uélé.
Le journaliste a livré son témoignage après une mission de service effectuée récemment dans cette partie du pays, notamment à territoire de Watsa.
Selon Blaise Kapara, plusieurs jeunes quittent Mahagi avec une image faussée de la réalité, entretenue par certaines personnes qui leur promettent une vie facile et des gains rapides, comparables à « du miel sans piqûre d’abeille ».
Cependant, une fois sur place, ils découvrent une réalité tout autre :
la vie y est coûteuse et les travaux proposés, notamment dans les carrières minières et les exploitations agricoles, ne sont pas adaptés à leurs forces physiques.
« La réalité est donc loin des espoirs qui avaient poussé ces jeunes à quitter leur territoire d’origine. Attirés par la promesse d’un mieux-être, ils se retrouvent confrontés à des conditions de vie et de travail particulièrement difficiles », at-il expliqué.
Ce phénomène est fermement condamné par plusieurs couches sociales du territoire de Mahagi.
Notamment la société civile forces vives de Mahagi, par la voix de son coordonnateur Innocent Wabekudhu, dénonce ce vagabondage juvénile et appelle les jeunes à la prise de conscience, tout en exhortant les parents à mieux encadrer leurs enfants et les services de sécurité à s’impliquer davantage.
À ces difficultés s’ajoutent les risques d’éboulement, les maladies liées aux mauvaises conditions d’hygiène et l’absence d’un encadrement adéquat.
Beaucoup de ces jeunes vivent dans des abris de fortune, loin de leurs familles et sans aucune assistance.
Il a sied de signaler que ce jeudi 26 février 2026, onze enfants ont été interceptés par les services de sécurité de Nyarube à territoire de Mahagi pendant qu’ils se rendaient vers la province du Haut-Uele en raison de travail.
BENJAMIN VITA