Une vive polémique secoue la province du Haut-Uele quelques jours après la célébration de la Journée internationale des droits des femmes du 8 mars 2026 à Isiro. Le député provincial Patrick Andama Miteni accuse la ministre provinciale du Genre, Famille et Enfant, Rachelle Makasiane Gasi, d’avoir procédé à une répartition jugée injuste des fonds visant à soutenir les projets d’autonomisation des femmes dans la province.
Lors des activités organisées à l’occasion de cette journée, le gouverneur Jean Bakomito Gambu avait annoncé un appui financier important en faveur de plusieurs associations afin de promouvoir l’autonomisation économique des femmes dans les différents territoires féminins du Haut-Uele.
Cependant, selon le député Patrick Andama Miteni, élu de Faradje, la répartition de ces financements ne serait pas représentative de l’ensemble de la province. Il affirme que seules certaines entités, notamment les territoires de Watsa, Rungu, Wamba ainsi que la ville d’Isiro, ont constitué de ces appuis financiers, laissant de côté les territoires de Niangara, Dungu et Faradje.
Pour l’élu de Faradje, cette situation constitue une injustice pour les femmes des territoires non bénéficiaires. Il s’interroge notamment sur les critères ayant conduit au choix des entités retenues, estimant que toutes les femmes de la province bénéficieraient des initiatives d’autonomisation annoncées par le gouvernement provincial.
Patrick Andama Miteni appelle ainsi la ministre provinciale du Genre à fournir des explications publiques sur la gestion de ces fonds. Il exige par ailleurs sa démission endéans 48 heures, estimant qu’il s’agit d’un manquement grave dans l’exercice de ses fonctions.
Ces appuis ont été remis lors des activités commémoratives de la Journée internationale des droits des femmes célébrée le 8 mars 2026 à Isiro. À cette occasion, plusieurs associations féminines ont bénéficié d’un financement, notamment 30 000 dollars pour les femmes de Rungu, 40 000 dollars pour celles de Wamba, 70 000 dollars pour les femmes de Watsa et 50 000 dollars pour les mamans paysannes d’Isiro, tandis que des motos ont été remises aux représentantes des femmes des six territoires pour faciliter leurs déplacements et leurs activités de sensibilisation. Le gouvernement provincial avait présenté cette initiative comme un appui concret à l’autonomisation des femmes du Haut-Uélé.
Face à cette polémique, plusieurs acteurs de la société civile et organisations féminines appellent désormais à plus d’équité dans la gestion des initiatives destinées à l’autonomisation des femmes dans la province. Pour eux, seule une clarification des autorités provinciales permettra d’apaiser les tensions et de garantir une répartition équitable des appuis en faveur des femmes dans l’ensemble des territoires du Haut-Uélé.
Rédaction