Kyond, territoire de Beni. La hausse vertigineuse du prix du carburant impacte fortement la mobilité des habitants dans la région de Kyondo. Actuellement, le litre d’essence se négocie à plus de 7 000 francs congolais, une situation qui rend les déplacements de plus en plus difficiles.
Conséquence directe : le coût du transport a doublé, voire triplé. Un passager souhaitant se rendre de Kyondo à Butembo à moto doit désormais débourser entre 35 000 et 40 000 FC pour deux personnes, contre 20 000 à 25 000 FC auparavant. Face à cette hausse, plusieurs habitants préfèrent parcourir de longues distances à pied, faute de moyens financiers.
Le secteur du transport est durablement touché. Les taximen, regroupés notamment au sein de l’AMOTA, peinent à joindre les deux combats.
« Il n’y a plus de lien entre le motard et son client », déplore Kasereka Mulyama Zéphire, conducteur de moto-taxi. De son côté, Muhindo Jonas affirme que ses recettes journalières ont drastiquement chuté, le rendant incapable de subvenir aux besoins de sa famille.
À Burusi, une localité située à plus de 25 kilomètres de Kyondo, certains conducteurs font face à des tensions avec les propriétaires de motos. Mumbere Wasukundi Diego dénonce le refus de son patron d’adapter les conditions de versement hebdomadaire malgré la conjoncture actuelle.
Pour Kasereka Kinyangwa, numéro deux de la section ATAMOVE/Kyondo, les taximen sont aujourd’hui exposés à une précarité extrême :
« Même trouver à manger devient un casse-tête, une réalité que nous n’aurions jamais imaginée. »
Ce lundi 27 avril au matin, les parkings de motos étaient inhabituellement vides. Il a fallu attendre après 7 heures pour voir quelques conducteurs reprendre timidement leurs activités.
Face à cette crise, les motards appellent à la compréhension de la population et interpellent les autorités, tant nationales qu’internationales, à prendre des mesures urgentes pour stabiliser l’économie et soulager les acteurs du transport.
Correspondance : Mukirania Bakwanamaha Joseph