La scène politique congolaise est secouée par de nouvelles révélations de l’ancien président Joseph Kabila concernant l’accord signé en 2019 entre sa coalition, le Front Commun pour le Congo (FCC), et la plateforme CACH, dirigée par Félix Tshisekedi et Vital Kamerhe.
Interrogé par La Libre sur les propos attribués à Corneille Nangaa ancien président de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) et coordonnateur de l’AFC/M23 selon lesquels il aurait « mis au pouvoir Félix Tshisekedi » et qu’il pourrait « le faire partir », Kabila a clarifié sa position :
« Je laisse ces propos à Corneille Nangaa. En 2019, ma famille politique a signé un accord avec CACH. Nous disposions de la majorité parlementaire à la Chambre basse et au Sénat, et Tshisekedi ne pouvait gouverner sans ce soutien. Nous avons donc créé ce partenariat politique pour assurer une gestion apaisée des affaires de l’État jusqu’aux prochaines élections. »
L’ancien chef de l’État ajoute que, par la suite, Félix Tshisekedi et sa famille politique ont nié l’existence de cet accord. Cependant, selon Kabila, il possède la seule copie de l’accord, expliquant :
« Malheureusement pour eux, il n’y a qu’une seule copie, et je l’ai gardée parce que je savais que si je leur donnais, cela se retrouverait immédiatement sur les réseaux sociaux. »
La présence de Kabila à Goma, siège de l’AFC/M23, a également suscité de nombreuses interrogations. À ce sujet, il a déclaré :
« Goma, c’est chez moi. Je vous reçois dans la maison que j’ai achetée en 1999. L’acharnement contre ma personne et contre ma famille politique a commencé dès 2019, bien avant la naissance de l’AFC/M23. Je considère qu’il est de mon droit d’être en contact et de dialoguer avec tous les Congolais, avec pour objectif principal la cohésion et la recherche de la paix. Pour moi, c’est même une mission. »
Ces déclarations relancent le débat sur la nature exacte des relations entre FCC et CACH et sur l’influence réelle des acteurs politiques dans la gouvernance de la République démocratique du Congo depuis 2019. Elles soulignent également l’importance stratégique des documents officiels et du dialogue politique dans un contexte où chaque geste et chaque accord peuvent avoir des répercussions majeures sur la perception publique et la stabilité institutionnelle.
Analystes et observateurs politiques suivront attentivement les suites de ces révélations et prises de position, qui pourraient relancer les discussions sur les alliances passées et sur le rôle des coalitions dans la gestion de
l’État.